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Mémoire, cerveau et communication : un trio gagnant pour gagner en efficacité professionnelle
Dans le monde professionnel, nous sommes sollicités en permanence. Réunions, e-mails, appels, échanges informels, présentations, formations… Nous devons recevoir, traiter, mémoriser et transmettre une grande quantité d’informations.
Pourtant, beaucoup de professionnels ont le sentiment de manquer d’attention, d’oublier certaines informations importantes ou de ne pas réussir à faire passer leurs messages avec suffisamment d’impact.
Et si une partie de la solution consistait à mieux comprendre le fonctionnement de notre cerveau ?
La mémoire n’est pas seulement une compétence utile pour apprendre. Elle joue un rôle essentiel dans notre efficacité professionnelle et dans la qualité de notre communication, aussi bien lorsque nous recevons des informations que lorsque nous les transmettons.
La mémoire : bien plus qu’une capacité à retenir
Contrairement à une idée reçue, notre mémoire ne fonctionne pas comme un disque dur qui enregistrerait automatiquement tout ce que nous voyons ou entendons.
Pour qu’une information soit retenue, plusieurs étapes sont nécessaires :
- l’encodage : l’information est perçue et comprise
- le stockage : elle est consolidée dans la mémoire
- la restitution : elle est retrouvée lorsque nous en avons besoin.
Ces étapes dépendent directement de notre attention, de notre compréhension, de la manière dont nous manipulons l’information et des techniques que nous utilisons.
Utiliser concrètement des techniques de mémorisation tout au long de ces trois étapes permet d’améliorer considérablement sa capacité à apprendre, à retenir et à communiquer efficacement.
Premier levier : mieux recevoir les informations à retenir
Une communication efficace commence par une réception efficace.
Lors d’une réunion, d’une formation ou d’un échange avec un collègue, nous avons souvent l’impression d’écouter mais nous réalisons souvent plusieurs tâches simultanément.
Pourtant, les neurosciences montrent que le cerveau n’est pas réellement multitâche lorsqu’il s’agit de tâches conscientes. Il alterne rapidement son attention d’une activité à l’autre. Ce phénomène est appelé « switching attentionnel ». Il entraîne en réalité une perte de concentration, des erreurs et une grande fatigue mentale.
Lorsque nous répondons à un e-mail pendant une réunion ou consultons nos notifications au cours d’une conversation, nous réduisons notre capacité à encoder correctement les informations reçues.
Résultat : nous retenons moins bien, nous comprenons moins finement et nous risquons davantage les malentendus.
Il est donc possible d’améliorer sa communication en réception, il s’agit de limiter les distractions, se concentrer sur un message à la fois, créer des liens avec ses connaissances existantes.
Une meilleure attention favorise une meilleure mémorisation. Et une meilleure mémorisation améliore la qualité des échanges professionnels.
Deuxième levier : rendre ses messages plus mémorables
Communiquer ne consiste pas uniquement à transmettre une information. Encore faut-il qu’elle soit retenue.
Or, notre cerveau ne mémorise pas toutes les informations de la même manière.
Les recherches en sciences cognitives montrent que nous retenons davantage ce qui est concret, structuré, relié à des connaissances déjà acquises, associé à des émotions ou à des expériences.
C’est pourquoi certaines présentations très complètes produisent peu d’impact, tandis que quelques exemples bien choisis restent gravés dans les esprits.
Pour renforcer l’impact de sa communication, il est utile d’illustrer ses propos par des situations concrètes, d’utiliser des analogies ou des images mentales, de structurer clairement son message, de faire participer son interlocuteur, de favoriser les échanges plutôt que la simple transmission descendante.
Lorsqu’une personne réfléchit, reformule ou expérimente une idée, elle la mémorise beaucoup plus durablement.
Le rôle essentiel de l’expérience dans l’apprentissage
Nous apprenons moins efficacement en restant passifs.
Le cerveau aime être sollicité. Il crée et renforce ses connexions lorsqu’il manipule, compare, teste et construit du sens.
C’est la raison pour laquelle les approches actives produisent généralement de meilleurs résultats que les méthodes reposant uniquement sur l’écoute ou la lecture.
Dans une formation, une réunion ou une présentation, les moments où les participants découvrent eux-mêmes un concept avant qu’il soit expliqué sont souvent ceux qui génèrent le plus de compréhension et de mémorisation.
Apprendre, ce n’est pas accumuler des informations. C’est construire des liens entre elles.
Et communiquer avec impact, c’est permettre à son interlocuteur de construire ces liens.
L’importance des temps de pause
Autre idée souvent contre-intuitive : notre cerveau a besoin de moments où il ne fait presque rien.
Lorsque notre esprit vagabonde, un réseau cérébral appelé « mode par défaut » s’active. Il participe notamment à la consolidation des souvenirs, à la créativité, à la réflexion personnelle et à la résolution de problèmes.
Pourtant, dans nos environnements professionnels, chaque instant libre est souvent occupé : consultation du téléphone, lecture des messages, navigation rapide entre plusieurs tâches.
À force de supprimer les temps de pause, nous réduisons les occasions offertes au cerveau de traiter et d’organiser les informations.
Ces moments de recul favorisent pourtant une meilleure compréhension, une meilleure mémorisation et souvent l’émergence de nouvelles idées.
Peut-on continuer à apprendre à tout âge ?
La réponse est clairement oui.
L’un des neuromythes les plus répandus consiste à croire qu’au-delà d’un certain âge, apprendre devient particulièrement difficile.
La réalité est plus nuancée.
Certaines capacités évoluent avec l’âge, notamment la vitesse de traitement de l’information. Mais d’autres se développent grâce à l’expérience : la richesse du vocabulaire, la compréhension des situations complexes, la capacité à établir des liens entre différentes connaissances, le jugement et l’analyse.
Le cerveau conserve tout au long de la vie sa capacité d’adaptation et d’apprentissage.
L’enjeu n’est donc pas tant l’âge que les méthodes utilisées.
Apprendre, ce n’est pas accumuler des informations. C’est construire des liens entre elles.
Et communiquer avec impact, c’est permettre à son interlocuteur de construire ces liens.
Comprendre son cerveau pour mieux communiquer
Les professionnels cherchent souvent à améliorer leur communication en travaillant leurs techniques de prise de parole, leurs supports ou leur posture.
Ces éléments sont importants. Mais ils deviennent encore plus efficaces lorsqu’ils s’appuient sur une bonne compréhension du fonctionnement du cerveau.
Connaître les mécanismes de l’attention, de la mémorisation et de l’apprentissage permet de :
- mieux écouter ;
- mieux comprendre ;
- mieux retenir ;
- mieux structurer ses messages ;
- rendre ses interventions plus impactantes ;
- faciliter la transmission des informations.
En d’autres termes, mieux connaître sa mémoire permet d’améliorer à la fois la réception et l’émission des messages.
La communication n’est pas seulement une question de mots. C’est aussi une question de traitement de l’information. Et plus nous comprenons la manière dont notre cerveau fonctionne, plus nous pouvons communiquer avec efficacité, clarté et impact.